Enfant, j’ai souvent eu le sentiment que le monde des adultes n'était pas « le bon ».
J'ai grandi avec une soif de liberté et d’indépendance que mes escapades en forêt, mes rêveries dans la nature comblaient. Pour autant j'avais l'intuition, le sentiment, d'un monde « ailleurs » qui m’appelait, plus vaste et plus mystérieux.
Cette période insouciante fut brutalement interrompue par un évènement qui rompit définitivement ma confiance dans le monde des «grands».
Les repères furent brouillés, les émotions s’entrechoquaient, je me retrouvais éjecté hors du monde de l'enfance, sans aucun nouvel espace pour m'accueillir : j’avais le sentiment de flotter au dessus de ce monde, de l’habiter par intermittence, comme suspendu.